The Rain, la nouvelle série Netflix : on n’a pas inventé l’eau tiède…

The Rain, la nouvelle série Netflix : on n’a pas inventé l’eau tiède…

Début mai 2018, Netflix a lancé sa nouvelle série The Rain. La plateforme a fait moult publicité autour de cette réalisation tout droit venue du Danemark et au concept intéressant : la pluie tue. J’en attendais donc beaucoup, mais après en avoir regardé les 8 épisodes, mon avis reste mitigé…


Une affiche de la série Netflix The Rain.
Une affiche de la série Netflix The Rain.

La pluie tue. Porteuse d’une maladie mortelle, une goutte peut décimer un homme en quelques secondes. Tel est le fléau qui s’abat sur le Danemark. Des années plus tard, un groupe d’adolescents s’efforce de survivre dans un monde hostile, où les rescapés s’entretuent pour de la nourriture. Le scénario post-apocalyptique de The Rain offre là un concept original et séduisant.

Il règne dans The Rain une ambiance glaciale, presque oppressante. Les couleurs sont froides, les paysages lugubres. J’ai beaucoup aimé le décor européen, qui apporte un changement bienvenu par rapport aux habituelles séries américaines. De même, j’ai apprécié le travail sur le cadrage et la composition de l’image, sur les nuances, l’impression parfois de pénombre, qui semble annoncer les nuages menaçants et la pluie tant redoutée.

La pluie, l’ennemie de la survie

The Rain s’ouvre sans préambule et rentre tout de suite dans le vif du sujet. Dès les 5 premières minutes, le père de Simone et Rasmus, les personnages principaux, débarque au lycée de sa fille et l’emmène de force dans un bunker isolé en pleine forêt. Les nuages s’amoncellent, la tension est palpable : tout le monde à l’abri, sinon c’est la mort assurée. J’ai beaucoup aimé cette ouverture in medias res, « au milieu des choses » comme on dit en littérature : pas le temps de tergiverser, on vous balance tout de suite au cœur des événements.

Simone un peu perdue dans le bunker au début de la série The Rain.
Simone un peu perdue dans le bunker au début de la série The Rain.

Dans ce Danemark ravagé, l’eau, censée être la principale ressource des survivants, devient leur plus grande ennemie. Il suffit d’une flaque, d’une simple goutte sur la peau, pour transmettre la maladie et tuer quelqu’un en quelques secondes à coups de convulsions et vomissements. Mais 6 ans après la 1ère pluie tueuse, les survivants ont appris à filtrer l’eau et à s’abriter de la pluie – qui, curieusement, ne tombe quasiment que la nuit…

Le principal enjeu pour les personnages dans The Rain est donc de manger. Après 6 années, les denrées se font rares. Les provisions du bunker où se sont abrités Simone et Rasmus pendant tout ce temps se sont épuisées, les obligeant à sortir. Ils rencontrent alors un groupe d’adolescents, avec qui ils voyagent de bunker en bunker, dans l’espoir de trouver de la nourriture. Les rares excursions dans les villes abandonnées se révèlent dangereuses et idéales pour se faire agresser par des désespérés affamés.

Quand la pluie grille les cerveaux

Si le concept de cette série Netflix m’a plu, sa réalisation m’a vite ennuyée. Je trouve que le scénario manque cruellement de rythme et de rebondissements. Pendant un épisode, il peut ne rien se passer, jusqu’à ce qu’enfin, un événement dans les dernières minutes parvienne à vaguement réveiller le téléspectateur. Sans compter qu’il est assez prévisible : au début, le père ramène ses enfants au bunker et repart sous prétexte qu’il est le seul à pouvoir trouver un antidote contre cette pluie fatale ; sans surprise, il ne revient jamais, jusqu’à ce que ses enfants découvrent 6 ans plus tard qu’il est sans doute encore en vie et travaille toujours pour la même société, Apollon.

Simone et Rasmus dans The Rain, les personnages les plus insupportables de toutes les séries que j'aie vues.
Simone et Rasmus dans The Rain, les personnages les plus insupportables de toutes les séries que j’aie vues.

Mais ce qui m’a surtout exaspérée, c’est la profonde déficience intellectuelle des personnages. On croirait presque qu’ils ne réfléchissent jamais avant de faire quoi que ce soit, ce qui les pousse à prendre des tas de décisions idiotes, du début à la fin. Vous voyez, ce moment où un personnage fait LE mauvais choix et que vous hurlez derrière votre écran ? Eh bien dans The Rain, ils font ça tout le temps. Les adolescents, mais aussi le père de Simone et Rasmus, pourtant censé être un scientifique érudit.

De ce fait, je n’ai jamais réussi à m’attacher aux personnages. Pour la plupart d’entre eux, j’avais juste envie de leur mettre des baffes à longueur de temps, les secouer pour les arracher à leur torpeur béate. Je me suis demandé plusieurs fois comment ils avaient pu survivre 6 ans avec le QI d’un poisson rouge. Simone est égoïste et ne comprend jamais rien (et surtout pas ce qui est évident), son frère Rasmus est un caprice ambulant, Béatrice ne pense qu’à assouvir ses instincts de nymphomane… Sans compter que les prénoms choisis sont peu flatteurs pour des ados : Béatrice, Martin, Patrick, Jean, Simone… on imagine plutôt un groupe de quarantenaires.

The Rain peut mieux faire

Mettre le pied dans une flaque d’eau tue, mais toucher un arbre encore trempé par la pluie ne fait rien. Vous ne trouvez pas ça logique ? Moi non plus. Pourtant, c’est ce qui arrive un nombre incalculable de fois dans The Rain. D’ailleurs, lorsque les gros nuages noirs s’accumulent dans le ciel, les personnages sont un peu longs à la détente avant de se souvenir qu’il faut aller se mettre à l’abri. Ils restent même sous un porche à deux pas de la pluie battante, alors qu’il suffirait d’un coup de vent pour qu’une goutte les touche et qu’ils meurent.

Les incohérences et les démonstrations de stupidité sont largement représentées. Par exemple, lorsque le père de Simone et Rasmus les emmène loin de la ville et que le petit frère refuse de s’attacher, forçant donc son géniteur à se retourner pour lui hurler dessus, il provoque un accident ; la petite famille décide de continuer à pied et s’enfonce dans la forêt, où se trouve comme par hasard un bunker, à quelques centaines de mètres.

Dès les premières minutes de The Rain, un accident de la route est provoqué par Rasmus, l'insupportable gamin qui, dans toute la série, m'a donné envie de le jeter sous la pluie pour lui rincer les neurones.
Dès les premières minutes de The Rain, un accident de la route est provoqué par Rasmus, l’insupportable gamin qui, dans toute la série, m’a donné envie de le jeter sous la pluie pour lui rincer les neurones.

Toutes ces inattentions donnent malheureusement l’air à cette série d’être bâclée, inachevée. Dommage, parce que le concept était bon, et la publicité que Netflix a faite autour de The Rain était tellement importante que j’en attendais beaucoup. En fin de compte, je ne la recommande pas particulièrement, sauf si vous avez quelques heures à perdre (8 épisodes d’une quarantaine de minutes chacun) et/ou que vous sentez l’âme de supporter des personnages idiots. La série n’est pas mauvaise, mais elle est bien loin de faire partie de mes préférences. Je suis allée au bout de la saison 1 par curiosité, mais je ne me précipiterai pas sur la saison 2 lorsqu’elle sortira.


 

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