Sherlock, la série télévisée : Sherlock Holmes et Dr Watson dans le monde contemporain

Sherlock, la série télévisée : Sherlock Holmes et Dr Watson dans le monde contemporain

Sherlock Holmes et son acolyte John Watson, les personnages d’Arthur Conan Doyle, sont revisités et intégrés dans le 21ème siècle londonien, au milieu des portables, ordinateurs et autres technologies reliées à Internet. Un environnement qui donne une autre dimension au binôme de détectives dans cette série télévisée, diffusée à partir de 2010.


Dans les romans d’Arthur Conan Doyle, le célèbre détective Sherlock Holmes et le docteur Watson évoluent à la fin du 19ème siècle. Dans la série Sherlock, diffusée dès 2010 sur BBC One, ils sont adaptés à notre époque contemporaine, à Londres. Les téléphones portables, ordinateurs et autres appareils technologiques connectés à Internet introduisent de nouveaux enjeux dans les enquêtes menées par le binôme.

Les épisodes : de la longueur, mais pas d’ennui

Sherlock Holmes, interprété par Benedict Cumberbatch dans la série.
Sherlock Holmes, interprété par Benedict Cumberbatch dans la série.

La série Sherlock ne compte que 4 saisons, pour une douzaine d’épisodes seulement. Chacun dure 90mn (1h30, tout de même). Une telle longueur, qui se rapproche davantage d’un film que de celle attendue d’un épisode de série, peut, de prime abord, en décourager certains. Pourtant, on ne les voit pas passer : la plupart du temps, le scénario est bien mené et réserve quelques surprises, même en connaissant l’histoire initiale. C’est l’avantage de transposer une saga dans une autre époque : les objets connectés forment de nouveaux outils, mais aussi de nouveaux obstacles pour servir le récit.

Transporter un binôme aussi renommé que celui de Sherlock Holmes et docteur Watson dans une époque contemporaine était donc un pari risqué. Je n’étais pas convaincue avant de commencer la série Sherlock, mais j’ai vite changé d’avis : en fin de compte, l’adaptation fut – selon moi – très réussie. Les voitures, ordinateurs et téléphones portables auraient pu être de simples objets ajoutés là pour le bien de la cohérence temporelle, sans être exploités. En réalité, ils font partie intégrante de l’histoire et exercent leur influence, au point même qu’un téléphone sera par exemple au cœur d’un épisode, entouré d’énigmes qui donneront du fil à retordre à Sherlock.

Les personnages “secondaires”, pas si secondaires que ça

N’ayant pas lu l’œuvre originale d’Arthur Conan Doyle, je ne pourrais pas vous faire un parallèle précis entre les Sherlock Holmes et docteur Watson de son époque, et ceux de la série. Mais ce n’est pas plus mal, puisque ça m’évite de jouer les puristes en m’indignant de telle ou telle liberté prise par les réalisateurs. Ainsi, le fait que Watson tienne un blog relatant les aventures de Sherlock Holmes et construisant sa popularité m’a beaucoup plu, tout autant que l’utilisation de tous les écrans télévisés de la ville (chez les gens comme dans la rue) par Moriarty, le criminel consultant, pour rendre fou le détective.

Jim Moriarty, le rival de Sherlock Holmes, génie du mal et criminel consultant, interprété par Andrew Scott.
Jim Moriarty, le rival de Sherlock Holmes, génie du mal et criminel consultant, interprété par Andrew Scott.

Puisqu’on parle des personnages, je les ai justement trouvés très charismatiques. Pourtant, je suis souvent assez difficile concernant ce point-là (j’avais par exemple détesté presque tous les idiots les adolescents de The Rain, nouvelle série Netflix). Mais dans la série Sherlock, l’alchimie fonctionne très bien. J’ai adoré Moriarty, le génie qui sème la mort sans remords par simple envie de jouer avec Sherlock Holmes ; tout au long des épisodes, il revient, inlassablement, même quand on s’en croit enfin débarrassé, et nous fait toujours douter. Jusqu’à faire douter l’inébranlable détective londonien, habituellement très sûr de lui.

Mrs Hudson, la propriétaire du 221B Baker Street à Londres, interprétée par Una Stubbs.
Mrs Hudson, la propriétaire du 221B Baker Street à Londres, interprétée par Una Stubbs.

La plupart des personnages secondaires se révèlent bien plus profonds qu’il n’y paraît au premier abord. Tous ont une histoire particulière, qui finit toujours par peser plus ou moins lourd sur le récit principal :

  •    Mrs Hudson, la logeuse de Sherlock Holmes et John Watson au 221B Baker Street, est loin d’être une simple d’esprit se contentant de louer un appartement.
  •    Mary, la compagne de John Watson, me semblait insipide au départ, avant de devenir un personnage à part entière (je ne l’ai jamais supportée, mais elle est très bien intégrée dans la série).
  •    Molly Hooper, le médecin légiste, jouera elle aussi un rôle essentiel dans plusieurs moments clefs.
  •    Mycroft Holmes, le frère aîné de Sherlock, dont on ne sait jamais trop de quel côté il se place – la famille est-elle plus importante que le gouvernement pour lequel il travaille ?…
John Watson tient un blog sur lequel il raconte les affaires du détective Sherlock Holmes.
John Watson tient un blog sur lequel il raconte les affaires du détective Sherlock Holmes.

Sherlock Holmes et John Watson, le binôme explosif

Sherlock Holmes et John Watson, le détective consultant et le médecin, forment évidemment le binôme phare de cette série. Ils sont l’opposé l’un de l’autre, et leur relation est complètement improbable. Sherlock Holmes est arrogant, extrêmement intelligent, et semble dénué de tout sentiment humain, à l’inverse de John Watson, médecin militaire revenu traumatisé d’Afghanistan, beaucoup plus doux et capable d’empathie. Tout au long de la série, Watson n’est pas épargné par l’insouciance de Holmes, qui ne cesse de rappeler à quel point il est plus brillant que lui.

Docteur John Watson, interprété par Martin Freeman.
Docteur John Watson, interprété par Martin Freeman.

Pourtant, leur relation évolue et les amène à devenir meilleurs amis, chose que l’on suit avec une certaine affection. On se demande comment Watson peut supporter Sherlock Holmes, qui, à son contact, semble pourtant s’humaniser. En fin de compte, chacun tient réellement à l’autre, alors qu’ils n’étaient au départ que simples colocataires.

En tout cas, c’est avec beaucoup d’amusement que l’on suit les enquêtes du binôme. Même lorsqu’ils veulent être seuls, ils sont toujours amenés à collaborer, et parfois de façon très cocasse – certaines personnes croient même qu’ils sont en couple, chose qu’ils démentent fermement mais qui donne lieu à des situations parfois hilarantes.

Coup de cœur pour le travail de montage

Côté réalisation, j’ai adoré le montage vidéo des épisodes. Les transitions entre les différentes séquences, les longues courses de Sherlock Holmes et docteur Watson à travers la ville de Londres, les mécanismes de déduction qui se mettent en place dans l’esprit du détective consultant… Tous ces moments sont très prenants, difficiles à décrire mais très réussis. Notamment l’épisode où Holmes, ivre, a beaucoup de mal à faire une déduction correcte sur une scène… Ajoutez à cela un thème musical entraînant, en plus des personnages qu’on adore suivre, et vous obtenez une série que je vous recommande sans plus attendre. Si vous avez du temps à perdre sur Netflix, regardez absolument la série Sherlock !


 

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