Les types de phares

Les types de phares

Il existe de nombreuses façons de qualifier les phares, que ce soit en fonction de leur emplacement, de leur éclairage, de leur feu, de leur portée, de leur signature lumineuse (oui, tout ceci est différent), de leur utilité pour la navigation…


Emplacement : de l’Enfer au Paradis

En France, les gardiens de phare ont attribué trois appellations aux phares qu’ils occupaient. Ces noms se basent sur l’emplacement des édifices, qui influait considérablement sur leurs conditions de vie. L’enfer, le purgatoire et le paradis font également référence à une progression du parcours d’un gardien de phare, qui commençait d’ordinaire dans un enfer, puis passait dans un purgatoire avant de finir sa carrière dans un paradis.

Situé au large de la pointe ouest du Finistère, le célèbre phare d'Ar-Men est ce qu'on appelle un Enfer : situé en pleine mer, il n'offre aucune liberté de mouvement aux gardiens de phare en-dehors du bâtiment lui-même.

Les enfers

Les enfers sont des phares isolés en pleine mer, sans même un bout de terre autour. Il est quasiment impossible de sortir du phare, et les relèves étaient souvent dangereuses pour les gardiens en cas de tempêtes ou de conditions météorologiques difficiles.

Situé au large de la pointe ouest du Finistère, le célèbre phare d’Ar-Men est ce qu’on appelle un Enfer : situé en pleine mer, il n’offre aucune liberté de mouvement aux gardiens de phare en-dehors du bâtiment lui-même. Photographie : Wikipédia.

 

Les purgatoires

Les purgatoires sont des phares construits sur un îlot. Ce dernier est inhabité, mais les gardiens et leurs familles pouvaient y circuler librement, pêcher, et même élever quelques animaux.

Le phare de l’île Vierge, au nord du Finistère, est un purgatoire : on peut se déplacer sur un morceau de terre lorsque l’on descend du phare. Photographie : Pxhere.

 

Les paradis

Les paradis sont des phares bâtis à terre : sur le continent ou sur une île habitée. Les gardiens avaient la possibilité de sortir du phare et de vaquer à des occupations terrestres, de se rendre dans des commerces… Souvent, c’est dans ce type d’édifice qu’ils terminaient leur carrière.

Le phare d’Eckmühl, aussi appelé phare de Penmarc’h, se situe dans le sud du Finistère et est construit sur la côte, au sein même de la ville de Penmarc’h. Un véritable paradis pour les gardiens, qui n’étaient pas coupés du monde lors de leurs semaines de garde. Photographie : Wikipédia.


Utilité pour la navigation

Si tous les phares sont censés guider la navigation de nuit, leur utilité n’est pas toujours la même. On distingue ainsi trois fonctions :

  • Les phares de grand atterrissage : ils indiquent les tournants des routes de navigation et l’approche d’une côte.
  • Les phares de jalonnement, ou phares de second atterrissage : ils précisent les tracés de routes maritimes très fréquentées.
  • Les phares d’entrée de port : comme leur nom l’indique, ils balisent les entrées des ports mais aussi des estuaires.

Portée lumineuse

La portée d’un phare correspond à la distance jusqu’à laquelle on peut en voir la lumière.

  • Phares de premier ordre – 60km de portée : phares en pleine mer et phares d’atterrissage.
  • Phares de second ordre – 40km de portée : phares indiquant les chenaux d’accès à la côte.
  • Phares de troisième ordre – 28km de portée : phares signalant l’entrée des ports.

Signature lumineuse

Chaque phare émet un signal lumineux différent, ce qui permet aux marins de les identifier pour se repérer. Il faut déjà distinguer plusieurs types de feux :

  • Feux scintillants : signaux lumineux très brefs et très rapprochés (vulgairement, le phare “clignote”).
  • Feux à éclats courts ou longs : un ou plusieurs signaux émis très brièvement, les périodes d’extinction étant plus longues que celles de lumière (par exemple, il brille 1 seconde, puis est éteint 3 secondes).
  • Feux isophases : les périodes de lumière et d’extinction durent autant de temps l’une que l’autre (par exemple, un phare peut briller 2 secondes, puis être éteint 2 secondes, puis de nouveau allumé 2 secondes, et ainsi de suite).
  • Feux à occultations : les périodes de lumière sont plus longues que celles d’extinction (par exemple, le phare produit de la lumière pendant 13 secondes, puis est éteint pendant 7 secondes).

Ensuite, la signature lumineuse complète est identifiée par :

  • sa couleur : blanc, le plus souvent. Pour les feux à secteurs, selon l’endroit où l’on se trouve en mer, on les voit en rouge ou en vert : cela indique généralement une zone de danger, auquel cas il faut se placer dans la zone où le feu apparaît blanc pour naviguer en sécurité.
  • son nombre des éclats lumineux ou des phases d’obscurité (par exemple, trois éclats lumineux puis une phase d’obscurité).
  • la durée de son cycle lumineux, c’est-à-dire la période au bout de laquelle le phare reproduit la même séquence d’éclats ou de périodes d’obscurité (par exemple, 4 secondes pour 2 secondes d’éclairage et 2 secondes d’obscurité).