San Francisco : à la recherche de gardiens de phare pour 4500€ par mois

San Francisco : à la recherche de gardiens de phare pour 4500€ par mois

La commune de Richmond, en Californie, recherche des gardiens de phare pour l’île d’East Brother, située à la limite de la baie de San Francisco. Ce phare s’est reconverti en chambres d’hôtes en 1980. Les futurs gardiens de phare devront donc être polyvalents : cuisiner, organiser des tours de l’île, piloter un bateau… pour 130 000 dollars par an.


Devenir gardien de phare pour 130 000 dollars par an : telle est l’offre de la mairie de Richmond, la commune en charge du phare de l’île d’East Brother. Ce caillou marque la limite entre la baie de San Pablo et la baie de San Francisco, en Californie. Il accueille une maison-phare construite en 1874 et automatisée en 1969, qui offre une vue remarquable sur San Francisco.

La station était menacée de démolition dans les années 1970. Un groupe local a alors décidé de sauver le phare et a œuvré pour le restaurer et l’intégrer au registre national des lieux historiques. Depuis 1980, la station de l’île d’East Brother propose des chambres d’hôtes, et les convives sont reçus comme des rois : coupe de champagne, hors-d’œuvres, visite des lieux, dîner et petit-déjeuner gastronomique… Vous l’aurez compris : bien que le phare soit toujours opérationnel, le travail des gardiens y est surtout de gérer des chambres d’hôtes.

L'île d'East Brother, à la limite des baies de San Pablo et de San Francisco, en Californie.
L’île d’East Brother, à la limite des baies de San Pablo et de San Francisco, en Californie.

Un métier d’hôte, dans les conditions des anciens gardiens de phare

L’offre d’emploi parle de recruter un couple de gardiens de phare qui se partageront le salaire, 130 000 dollars par an. Cela correspond à près de 115  000 euros l’année, soit un peu plus de 9  500 euros mensuels pour deux. Une rémunération alléchante et confortable… Mais pour un travail très dense : en plus des compétences qu’exige la gestion de chambres d’hôtes, il ne faut pas oublier qu’en-dehors du phare, l’île d’East Brother n’est pas habitée. L’un des deux gardiens devra donc être en possession du permis bateau.

Cuisiner des repas gastronomiques, faire le ménage et la lessive, organiser les courses, assurer un service client irréprochable… en temps normal, gérer des chambres d’hôtes est déjà un métier intense et chargé, qui nécessite de réelles compétences. Mais à cela s’ajoutent des difficultés supplémentaires : comme l’explique The Guardian, qui a publié un article sur le sujet ce vendredi 4 janvier 2019, “le travail […] nécessite une combinaison de planification méticuleuse et d’adaptabilité face à des conditions météorologiques inattendues, des appareils défectueux et une variété de besoins des clients dans un endroit où les problèmes ne peuvent pas être résolus en allant au supermarché ou à la quincaillerie.” 

Le défi du futur couple de gardiens, qui remplacera les gardiens actuels à partir du 1er mai 2019, est donc de taille puisqu’il leur faudra concilier le métier d’hôtelier avec les conditions de travail pas toujours évidentes des anciens gardiens de phare. Même s’ils n’ont pas à entretenir et allumer la lanterne quotidiennement, ils restent seuls sur l’île et doivent se débrouiller eux-mêmes. Une tâche non négligeable les attend notamment : les travaux d’entretien du phare, sans cesse attaqué par l’air salé.

Le phare de l'île d'East Brother, qui propose des chambres d'hôtes.
Le phare de l’île d’East Brother, qui propose des chambres d’hôtes.

Les nouveaux gardiens : le tourisme, une opportunité pour faire revivre les phares

L’automatisation et le contrôle à distance de l’allumage des phares a sans doute permis de faire des économies, et d’épargner aux gardiens des conditions de vie parfois difficiles, coupés du monde et livrés à eux-mêmes et aux assauts de la mer. Mais l’un des problèmes majeurs reste que désormais, les phares ne sont plus entretenus que ponctuellement. L’architecture se dégrade alors, en particulier pour les Enfers, ces phares en pleine mer comme le mythique Ar-Men, en Bretagne. Auparavant, les gardiens réparaient, surveillaient et maintenaient en bon état les structures, à l’intérieur comme à l’extérieur. Aujourd’hui, la pierre et les boiseries intérieures s’abîment…

Mais le monde des phares n’a pas dit son dernier mot. S’il n’y a plus de gardiens de phare traditionnels, les phares bénéficient de plus en plus d’initiatives culturelles visant à en faire un patrimoine vivant, et non plus figé. Le tourisme offre déjà une seconde vie aux phares ouverts aux visites. Et adapter le phare de l’île d’East Brother en chambres d’hôtes n’est pas une exception : en Europe, plusieurs phares accueillent également le public pour une ou quelques nuits. Rien qu’en France, il y a notamment le phare de Kerbel (Bretagne) et le phare de Fatouville (Normandie).

Et vous ? Si vous deviez être gardien de phare, lequel choisiriez-vous ?


Photo d’entête : Nick Arnott pour The Guardian.
Autres photos de l’article : Wikipédia.

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