“Une saison au Puy du Fou”, la série TV pour patienter jusqu’à l’année prochaine

“Une saison au Puy du Fou”, la série TV pour patienter jusqu’à l’année prochaine

Vous en avez marre d’écumer Netflix, vous trouvez l’horizon 2019 désespérément loin en attendant l’ultime saison de Game of Thrones, et vous déprimez en voyant l’hiver et sa grisaille approcher ? Il vous faut votre dose d’univers épico-médiéval avec une bonne vingtaine d’épisodes à binge-watcher pour combler vos longues soirées d’ennui ? Jetez un œil à cet article et découvrez la série « Une saison au Puy du Fou » !

Florent, le responsable des combats sur les spectacles du Puy du Fou. Infatigable, il enchaîne les prestations sans jamais souffler.
Florent, le responsable des combats sur les spectacles du Puy du Fou. Infatigable, il enchaîne les prestations sans jamais souffler.

Les chevaliers de la Table Ronde, les vikings, les mousquetaires de Richelieu, le général Charette, Gaulois et Romains… ce sont tout autant de personnages historiques dont vous avez peut-être admiré les exploits au Puy du Fou. Situé dans la campagne vendéenne, ses attractions à sensations fortes sont d’un genre particulier : ce sont essentiellement des spectacles qui mettent l’Histoire en scène, ce qui lui a valu d’être sacré meilleur parc du monde en 2012 puis en 2014.

Le nombre de reportages réalisés sur le Puy du Fou est gargantuesque. Cette année, en 2017, le Grand Parc fête ses 40 ans : à cette occasion, France 4 y a passé l’été avec ses caméras pour réaliser Une saison au Puy du Fou, une série TV qui ne compte pas moins de 46 épisodes. Je suis allée au Puy du Fou en mai 2017, et en attendant – impatiemment – d’y retourner, je suis tombée un peu par hasard sur cette série. L’idée, c’était de suivre pendant un été plusieurs saisonniers du Puy du Fou : cascadeurs, comédiens, danseurs, cavaliers, voltigeurs… qui font la magie des spectacles du parc.

Une multitude de personnages variés et attachants

L’avantage de cette série, c’est qu’on y retrouve souvent les mêmes personnes, et on finit par s’y attacher. Leur point commun, c’est qu’ils semblent tous très attachés au Puy du Fou et passionnés par leur métier, ce qui les rend d’autant plus intéressants à l’écran. J’ai certes mes favoris, mais j’estime qu’ils valent tous le détour.

Anne, la soigneuse animalière toujours d'excellente humeur, qui adore son travail.
Anne, la soigneuse animalière toujours d’excellente humeur, qui adore son travail.

Les caractères sont extrêmement variés. Il y a Julien, l’ancien cuisinier reconverti en virulent Viking, éternellement de bonne humeur et répétant combien il est heureux d’être là. Coralie, tantôt danseuse flamenca, tantôt sombre spadassin dans le spectacle du Mousquetaire de Richelieu. Florent, l’infatigable responsable des combats et dresseur de chevaux. Blandine, responsable des danses sur le parc mais aussi du Ballet des sapeurs, le spectacle des enfants de la Puy du Fou Académie. Anne, la soigneuse animalière toujours enthousiaste. Adriane, la fauconnière émerveillée à chaque vol de ses rapaces. Et encore, ce ne sont là que mes préférés.

Je n’ai guère le loisir de vous faire une liste exhaustive. Je préfère vous laisser le plaisir de découvrir tous ces personnages par vous-même, au fil des épisodes. Mais en bref, vous croiserez un apprenti meneur de char, un responsable technique de spectacle, une costumière, un dresseur canin, une hôtesse d’accueil arrivée d’Afrique du Sud… et encore d’autres, j’en oublie probablement.

Le Puy du Fou, une affaire de famille

Martin, 17 ans, est le plus jeune saisonnier du Grand Parc. Comme son père avant lui, il est voltigeur équestre dans le spectacle "Le Secret de la lance".
Martin, 17 ans, est le plus jeune saisonnier du Grand Parc. Comme son père avant lui, il est voltigeur équestre dans le spectacle “Le Secret de la lance”.

Difficile de tous les présenter : je pourrais parler de certains pendant des heures. Mais l’un mérite que je lui accorde un paragraphe entier. Il s’appelle Martin, il a 17 ans et c’est le plus jeune saisonnier du Grand Parc. Il est voltigeur équestre au Secret de la Lance, comme son père avant lui. Ce dernier est évidemment très fier de son fils qui marche dans ses pas, et l’un des meilleurs moments de la série reste quand il lui transmet, en héritage symbolique, la selle de cheval sur laquelle il a lui-même voltigé dans sa jeunesse.

Transmettre une passion de génération en génération : ça résume bien le Puy du Fou. À titre d’exemple, le directeur artistique du parc, Nicolas de Villiers, n’est autre que le fils du fondateur, Philippe de Villiers ; et même si je n’adhère pas toujours aux idées politiques de la famille, j’apprécie leur attachement à l’histoire, au patrimoine, et aux traditions de la Vendée, leur terre d’ancrage, qui est aussi la mienne. Et puis, prenez la Cinéscénie, cet immense spectacle nocturne joué par plus de 2000 acteurs bénévoles : toutes les générations y sont représentées, des jeunes enfants aux personnes âgées en passant par les adolescents et les adultes. On y vient en famille, tous les week-ends, ou presque.

En immersion parmi les Puyfolais

Coralie, responsable des danses du spectacle "Mousquetaire de Richelieu". Elle alterne danse flamenca et combat à la rapière.
Coralie, responsable des danses du spectacle “Mousquetaire de Richelieu”. Elle alterne danse flamenca et combat à la rapière.

S’il y a bien un point fort à cette série, c’est la qualité des images. Il faut reconnaître que les cadreurs ont l’œil pour faire de superbes prises de vue. Les ralentis sur certains mouvements de danse ou sur l’atterrissage d’un oiseau sont très réussis. Dans chaque épisode, il y a une sorte de “respiration” pendant laquelle aucune voix ne parle : seules les images s’enchaînent et montrent divers moments de la vie du parc, avec un souci du détail qui permet de (re)découvrir certains aspects que l’on avait soit oubliés, soit pas remarqués.

La série Une saison au Puy du Fou permet d’apprendre pas mal de choses sur les coulisses du parc et la vie des salariés. Les répétitions des acteurs, les spectacles qu’ils enchaînent 5 ou 6 fois par jour en pleine saison, la complexité de conduire un quadrige (char tiré par quatre chevaux) dans une arène, les espèces protégées abritées dans le parc, l’existence d’une école pour les enfants appelée la Puy du Fou Académie… L’activité au Puy du Fou est en constante ébullition, et force est d’admettre que les saisonniers ont du mérite : la plupart d’entre eux commence tôt le matin et termine la journée à 2h dans la nuit, après une soirée comme bénévole à la Cinéscénie !

Pourquoi pas une saison 2 ?

Mais comme rien n’est parfait, j’ai un petit reproche à faire à Une saison au Puy du Fou. Parfois, j’ai trouvé la série très redondante, par exemple lorsqu’on nous parle pendant plusieurs épisodes d’affilée de Karl, le jeune meneur de char, et son cheval Capitan, qui était en arrêt depuis plus d’un mois. C’est bien au début, mais ensuite on a l’impression de voir toujours la même chose, et on se lasse. Idem pour Le ballet des sapeurs, souvent ressassé au début. Ou l’évolution d’Olivia, qui travaille pour devenir Serafina, le rôle principal du spectacle du Mousquetaire de Richelieu.

Pourtant, ce ne sont pas les sujets qui manquent, et, selon moi, la série aurait mérité plus de profondeur. Aussi passionnant que ce soit, c’est dommage de s’être “limité” à quelques personnages principaux. La série parle une seule fois d’un sculpteur sur bois, alors que les artisans qui travaillent dans la cité médiévale ou au village 18ème sont nombreux : forgerons, talmeliers, tonneliers, ferronnerie, potiers, reliure-dorure, ébénistes, faïencerie, enluminure, maîtres verriers, sculpteurs sur pierre, sabotiers… Faire un petit focus sur chaque de ces métiers au fil des différents épisodes aurait été très enrichissant et aurait permis de varier un peu. Les comédiens, les danseurs et les cascadeurs, c’est bien, mais il n’y a pas qu’eux qui font la saison au Puy du Fou !

Et personnellement, je ne serais pas contre une saison 2…!

Dernier détail qui m’a dérangée : la musique. La bande-son est très “actuelle”, beaucoup trop moderne et peu en adéquation avec l’image, créant un contraste assez désagréable. Par exemple, mettre de la musique pop sur la chorégraphie flamenca d’une danseuse, c’est un choix artistique… particulier. Je n’ai pas adhéré, mais ça s’est amélioré au fil de la série, laissant un peu plus de place aux musiques des différents spectacles. Ce fut un effort très appréciable.

Karl, meneur du char rouge au spectacle "Le signe du triomphe" : il conduit un quadrige tiré par quatre chevaux.
Karl, meneur du char rouge au spectacle “Le signe du triomphe” : il conduit un quadrige tiré par quatre chevaux.

Bref : je veux aller au Puy du Fou.

Quoi qu’il en soit, Une saison au Puy du Fou, avec ses 46 épisodes (dont le best-of final), reste une série très agréable à regarder. Si vous avez aimé votre séjour au Parc, vous aimerez découvrir l’envers du décor. Et si vous y retournez, vous ne verrez plus les saisonniers de la même façon ! Personnellement, je suis à peu près certaine qu’à ma prochaine visite, je vais guetter les apparitions de toutes celles et tous ceux qui interviennent dans la série… vivement l’été 2018 !


> Regarder les épisodes d’Une saison au Puy du Fou sur leur chaîne YouTube

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