Lumière sur l’association Phare en Cap

Lumière sur l’association Phare en Cap

La maison-phare du Millier nichée sur sa falaise. Photographie : Kévin Hérieau
La maison-phare du Millier nichée sur sa falaise. Photographie : Kévin Hérieau

Debout sur des chemins côtiers escarpés, nous parvenons enfin à distinguer la maison-phare du Millier qui se dresse fièrement parmi un paysage enchanteur composé de la mer et de nombreuses falaises. Construite en 1881 sur le Cap Sizun, il s’agit de l’unique construction humaine en vue. L’intérieur est divisé en deux pièces, séparées par un couloir, où se trouve une exposition temporaire traitant de l’histoire du druidisme et des croyances du territoire. Notre entretien démarre avec Jean Yves Le Brun, vice-président de l’association Phare en Cap, avant d’être rejoints par Christian Tonelli qui en est le président.

Créée en octobre 2015 et actuellement composée de 85 membres, l’association a pour but de protéger et d’entretenir le patrimoine du périmètre labellisé s’étendant de la maison-phare jusqu’à la plage du Loch. « Si on pouvait faire entrer [le patrimoine d’Ar-Men jusqu’à la maison-phare du Millier] dans l’Unesco, dans son entier, ce serait l’idéal. C’est le but final de l’association. » nous confie Christian. Pour se faire, nombre d’initiatives ont déjà été prises où sont en discussion telles que la repeinte du Phare de l’île de Sein ou encore la réouverture d’anciens blockhaus. Cependant, ces projets sont tout aussi prometteurs qu’onéreux selon les deux hommes, qui avouent qu’il faut savoir « frapper aux bonnes portes » pour parvenir à débloquer de l’argent. La difficulté majeure ne repose pas dans sa récolte, puisqu’il existe un fond privé d’État destiné au patrimoine, contenant plusieurs millions d’euros, mais est de nature administrative. « C’est un dossier très draconien à remplir. Je pense qu’il faudra faire appel à des étudiants en gestion pour monter le projet de financement. Il y a plein de petites ficelles, de nouvelles lois… » déplore le président de Phare en Cap.

La façade arrière où se trouve la lanterne de la maison-phare du Millier . Photographie : Kévin Hérieau
La façade arrière où se trouve la lanterne de la maison-phare du Millier . Photographie : Kévin Hérieau

Électrifiée en 1965 puis automatisée en 1993, la maison-phare, depuis peu propriété du Conservatoire, pourrait aussi connaître un renouveau : la création d’une chambre d’artiste. Cette dernière se trouverait à l’étage supérieur et aurait une taille de 18 mètres carrés. Sa location, sur une semaine ou davantage, permettrait le financement de deux emplois aidés sur les lieux. Aussi, la lanterne pourrait quant à elle être visitable pour la modique somme de 50 centimes par personne, ce qui aiderait à entretenir le phare de manière satisfaisante. Ce fonctionnement, couplé à d’autres leviers dont le financement participatif, aboutirait à un autofinancement convoité pour ne plus dépendre exclusivement des subventions demandées aux intercommunalités et autres aides. Pour que cela se concrétise, il est nécessaire que les nombreux groupes décisionnaires qui gèrent la zone parviennent à s’accorder entre eux. À entendre Jean Yves Le Brun et Christian Tonelli, cela n’est malheureusement pas chose aisée. Pour éviter attentes et frictions, ils espèrent qu’un maître des lieux sera rapidement désigné, tout en lui laissant la possibilité de faire appel à d’autres associations et à travailler avec le territoire en cas de nécessité.

Depuis son ouverture au public, l’entrée et les expositions ne sont pas payantes, mais il existe la possibilité de faire un don ou d’acheter des produits mis à la vente.

Portrait de Christian Tonelli, président de l’association Phare en Cap. Photographie : Gwenn Besson
Portrait de Christian Tonelli, président de l’association Phare en Cap. Photographie : Gwenn Besson

Pour finir, Christian ajoute : « Là où je suis content, c’est que les gens reviennent à chaque fois qu’on change l’exposition. On veut faire quelque chose pour les locaux, pour faire venir les gens du territoire. Ce sont leurs racines, leur culture. Certains ont un petit peu perdu l’historique de leurs racines. Et ils sont vraiment intéressés. Ils viennent se renseigner, se réapproprier ce qui leur appartient. C’est ce qu’on voulait. C’est pour ça que je demande à Jean Yves qu’on relève les codes postaux. Parce que je voulais montrer qu’il n’y a pas que le tourisme, il y a aussi les locaux qui ont besoin de quelque chose. »

Avec pas moins de 3 400 visiteurs durant le mois de septembre dernier, il semblerait que la maison-phare du Millier entraîne bel et bien un véritable engouement.

Kévin Hérieau

4 réactions au sujet de « Lumière sur l’association Phare en Cap »

  1. Bravo à vous deux, Gwenn et Kévin, pour cet article sur un phare qui m’est très cher !! J’y suis née et j’y ai habité pendant 20 ans …. et Merci aussi à notre Président Christian Tonelli et à notre Vice-Président Jean-Yves le Brun qui étaient présents le jour de votre passage. Je suis la Secrétaire de l’Association. Nous nous battons pour que ce phare, qui fait partie de notre patrimoine, continue à vivre !! Les visiteurs, nombreux l’été dernier et même l’automne, ont participé à ce que cette vie continue dans ce lieu !! Merci à tous ceux qui nous ont rendu visite et participé à ce que ce phare, que j’ai connu vivant, continue à avoir “une âme” !! Bon vent à nos amis les Pharodeurs.

    1. Merci beaucoup pour votre commentaire. Je suis ravi que l’article vous ait plu. C’est toujours très agréable de recevoir des avis, en particulier d’une personne passionnée.

      Nous avons passé un très bon moment au phare, et espérons que vous aurez gain de cause car cela en vaut vraiment la peine.

  2. je suis fasciné par l’aspect extérieur de ce phare si je la copie pour faire ma maison le plus ressemblant est possible ou est il protégé
    cordialement

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